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Dans notre dernière édition du Bulletin L'Express DisnatDirect, nous avons discuté des motifs qui incitent les investisseurs à acheter ou à vendre des options d'achat. Dans ce numéro-ci, la Bourse de Montréal aborde les stratégies équivalentes (ou positions synthétiques). Fréquemment utilisées par les mainteneurs de marché et les arbitragistes, ces stratégies sont des combinaisons d’instruments – options d’achat, options de vente et actions – qui permettent de reproduire une autre stratégie.

Les stratégies équivalentes

Les stratégies équivalentes sont un atout pour la gestion des risques. Généralement, les instruments combinés comportent chacun un risque inférieur à celui de la stratégie reproduite. De cette façon, les investisseurs achètent ou vendent le même degré de risque, sauf qu’il est réparti sur plusieurs instruments. Bien entendu, ces investisseurs voudront générer un profit sur la position synthétique totale.

Une stratégie équivalente ne procure pas nécessairement un rendement potentiel équivalent à celui de l’autre stratégie : l’investissement initial peut être très différent. Néanmoins, une position synthétique présente un diagramme de profit/perte dont la courbe est identique à l’autre position.

Le tableau ci-dessous décrit les stratégies équivalentes les plus courantes.

Positions   Positions synthétiques
     
Acheteur d’actions
Acheteur d’options d’achat + vendeur d’options de vente
Vendeur d’actions à découvert
Acheteur d’options de vente + vendeur d’options d’achat
Acheteur d’options d’achat
Acheteur d’options de vente + acheteur d’actions
Acheteur d’options de vente
Acheteur d’options d’achat + vendeur d’actions à découvert
Vendeur d’options d’achat
Vendeur d’actions à découvert + vendeur d’options de vente
Vendeur d’options de vente
Acheteur d’actions + vendeur d’options d’achat

Pour mieux comprendre, examinons comment reproduire une position acheteur sur actions.

Supposons qu’un investisseur haussier décide d’acheter 100 actions ABC cotées à 55 $. Cet investisseur a un risque directionnel dans le sens où il réalisera un profit si le prix de ABC augmente (profit illimité) et il essuira une perte si le prix de ABC chute en dessous en 55 $ (perte maximale = prix payé).

Il existe une façon équivalente de reproduire cette position directionnelle en combinant l’achat d’une option d’achat ABC 55 à 3,40 $ et la vente d’une option de vente ABC 55 à 2,00 $, pour un débit total de 1,40 $. Cette combinaison (acheteur d’option d’achat et vendeur d’option de vente) est synthétiquement équivalente à la position acheteur de 100 actions ABC à 55 $.

Le tableau suivant compare les profits et les pertes de chaque position.

Position
Profit Perte
Acheteur de 100 actions ABC

Illimité : un dollar de gain pour chaque dollar de hausse du prix de ABC.
Limitée au prix payé si ABC tombe à 0.
Acheteur d’une option d’achat ABC 55

Illimité : à l’expiration, un dollar de gain pour chaque dollar de hausse du prix de ABC au-dessus de 55 $.
Prime payée : à l’expiration, la prime payée est perdue si ABC est inférieur à 55 $.
Vendeur d’une option de vente ABC 55
Prime reçue : à l’expiration, l’option de vente n’a plus aucune valeur si ABC est supérieur à 55 $. Limitée : prix de levée + coût net de la stratégie si ABC tombe à 0 à l’expiration.

Voici la représentation graphique des courbes de profit/perte de chaque position.


Enfin, nous devons nous demander qu’est-ce qui motive un investisseur à mettre en place une telle stratégie? La raison est fort simple : un investissement moindre . Acheter 100 actions ABC coûte 5 500 $ (55 $ x 100) alors que la stratégie synthétique ne coûte que 140 $ (340 $ payés pour l’achat de l’option d’achat - 200 $ reçus pour la vente de l’option de vente). Il faut aussi ajouter à cela le dépôt de marge auprès du courtier puisque l’option de vente est vendue à découvert. Toutefois, il n’en demeure pas moins que la stratégie synthétique est beaucoup moins chère à mettre en place que l’achat de titres.

En terminant, soulignons qu’il faut porter une attention particulière à quelques éléments. D’abord, l’investisseur synthétique n’est pas admissible aux dividendes qui pourraient être versés : seul le détenteur d’actions l’est. Néanmoins, comme l’acheteur synthétique a investi un montant moindre que l’acheteur d’actions, il peut toucher de l’intérêt en placant la partie non investie de ses fonds. Finalement, il y a risque d’assignation si le prix de ABC est inférieur au prix de levée à tout moment puisque l’option de vente sera en jeu. On peut y remédier si on établit la stratégie avec des options à prix de levée différents : par exemple, en achetant une option d’achat 55 et en vendant une option de vente 53. Cette différence donne un peu de latitude pour une baisse du prix de ABC avant que l’option de vente ne soit en jeu.

Source: Bourse de Montréal (Mx) - Nouvelles options


Archives de l'Express DisnatDirect

  • Mars 2005 - Motifs qui incitent les investisseurs à acheter ou à vendre des options d'achat.
  • Janvier 2005 - Maîtriser la vente à découvert .
  • Décembre 2004 - La vente d'options d'achat couvertes.
  • Novembre 2004 - Fonds négociés en Bourse (FNB).
  • Octobre 2004 - Les fonctionnalités du système Recognia Inc.
  • Septembre2004 - Qu'est-ce que l'analyse technique?
Avis au lecteur: le présent bulletin est transmis uniquement à titre de renseignement. Les placements doivent être sélectionnés en fonction des objectifs de chaque investisseur.

Disnat n'émet aucune recommandation quant à un produit, à la pertinence ou à la valeur potentielle d'un placement donné, ou à une stratégie spécifique. La forme masculine est utilisée pour alléger le texte.