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Février
2006
Il existe un ratio tout à fait particulier permettant d’établir
les proportions de tout ce qui nous entoure allant des plus petits éléments
constitutifs, tels les atomes, aux configurations les plus complexes
de l’univers comme les corps célestes extraordinairement
volumineux. La nature compte sur cette proportion dite innée
pour maintenir un certain équilibre, au même titre que
les marchés financiers qui semblent également obéir à ce « ratio
d’or ». Cet article à pour but de faire connaître
au lecteur divers outils d’analyse technique spécialement
conçus pour tirer profit du ratio d’or.
Les mathématiques
Mathématiciens, scientifiques et naturalistes connaissent l’existence
de ce ratio depuis bon nombre d’années. Celui-ci tire ses origines
de ce qui est convenu d’appeler aujourd’hui la suite de Fibonacci,
une séquence mathématique nommée en l’honneur de son
instigateur, Leonardo Fibonacci (dont la naissance et la mort remonteraient vraisemblablement
vers 1175 et 1250, respectivement). Chacun des éléments composant
cette séquence équivaut à la somme des deux termes qui le
précédent (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, etc.).
Somme toute, cette séquence a plus ou moins d’importance. C’est
plutôt le rapport des termes adjacents qui la composent qui présente
un coefficient intriguant, lequel se chiffre à environ 1,618 ou encore
0,618, sa valeur inverse. Ce facteur porte plusieurs noms, notamment le ratio
d’or, PHI et la divine proportion. Mais pourquoi ce chiffre est-il si important
? Eh bien, il appert que presque tous les éléments qui nous entourent
présentent des paramètres dimensionnels dont les rapports obéissent à ce
ratio de 1,618. En ce sens, ce coefficient semble exercer une fonction essentielle
pour tous les constituants de la nature.
Des preuves SVP !
Cette théorie vous laisse perplexe ? Prenez l’exemple des abeilles.
Divisez le nombre d’abeilles femelles par le nombre d’abeilles males
de n’importe quelle ruche, et vous obtiendrez 1,618. Le rapport des diamètres
de chacune des rangées de graines en forme d’hélice composant
le cœur de tout plan de tournesol est de l’ordre de 1,618. Ce même
ratio s’applique également aux relations dictant les divers composants
de la nature.
Vous avez toujours des doutes ? Vous voulez un exemple qui soit plus simple à vérifier
? Pour le plaisir, mesurez la distance séparant le haut de votre épaule
du bout de vos doigts. Divisez la mesure obtenue par la longueur qui sépare
votre coude et le bout de vos doigts. De même, mesurez la distance séparant
le dessus de votre tête et la plante de vos pieds, et divisez le résultat
obtenu par la distance séparant votre nombril de la plante de vos pieds.
Les valeurs sont-elles identiques ? Approchent-elles 1,618 ? Il semble bien que
le ratio d’or soit un incontournable.
Mais cela ne prouve en rien son efficacité dans le monde de la finance… non
? En réalité, les marchés répondent aux mêmes
fondements mathématiques que ces phénomènes dits naturels.
Ci-dessous, nous examinons diverses façons d’appliquer ce ratio
aux finances, et ce, graphiques à l’appui !
Méthodes d’analyse de Fibonacci et le monde de la finance
Utilisé pour l’analyse technique, le ratio d’or se résume
généralement à trois pourcentages :– 38,2 %,
50 % et 61.8 %. Au besoin, d’autres multiples peuvent également être
mis en valeur à l’exemple de 23,6 %, 161,8 %, 423 % et ainsi de
suite. Il existe essentiellement quatre méthodes qui permettent d’appliquer
la suite de Fibonacci à l’analyse des graphiques en finance, à savoir
les replis, les lignes incurvées, les lignes diagonales et les intervalles
de temps.
1. Les replis de Fibonacci
Les replis de Fibonacci font appel à des droites horizontales pour indiquer
les zones de support et de résistance. Pour calculer les replis, il faut
déterminer quelles sont les valeurs maximales et minimales délimitant
la courbe graphique. Cinq droites sont ensuite tracées : la première à un
niveau équivalant à 100 % (à savoir la partie supérieure
de la courbe graphique), la deuxième à un niveau de 61,8 %, la
troisième à un niveau de 50 %, la quatrième à un
niveau de 38,2 % et enfin la cinquième à un niveau équivalant à 0
% (à savoir le niveau correspondant au point inférieur de la courbe
graphique). Après un mouvement significatif des cours, à la hausse
comme à la baisse, il arrive souvent que les nouvelles zones de support
et de résistance avoisinent ces droites. Le graphique ci-dessous fournit
quelques exemples de replis.

2. Les lignes incurvées de Fibonacci
Pour établir les lignes incurvées de Fibonacci, il faut tout d’abord
identifier les valeurs maximales et minimales délimitant la courbe graphique.
Ensuite, à partir du point choisi, tracer au compas trois droites incurvées à des
niveaux équivalents à 38,2 %, 50 % et 61,8 %. Les droites ainsi
tracées permettent d’anticiper les paliers de support et de résistance
et d’évaluer les distances les séparant. Le graphique ci-dessous
permet de mieux comprendre le fonctionnement de ces lignes incurvées.

3. Les diagonales de Fibonacci
Comme leur nom l’indique, les diagonales de Fibonacci sont formées
de lignes diagonales. Après avoir identifié les maxima
et minima de la courbe graphique, une droite verticale imaginaire est
tracée, laquelle correspond à la valeur située à l’extrême
droite de la courbe graphique. Cette droite imaginaire est alors divisée
en trois sections correspondant aux niveaux de 38,2 %, 50 % et 61,8 %.
Trois droites joignant chacun de ces niveaux de référence
et tirant leur origine de la valeur située à l’extrême
gauche de la courbe graphique sont ensuite tracées. Ces droites
ont pour fonction d’identifier les paliers de support et de résistance.
Le graphique ci-dessous donne un exemple de ce que sont les diagonales
de Fibonacci.

4. Les intervalles de temps de Fibonacci
Contrairement aux autres méthodes associées à Fibonacci,
les intervalles de temps consistent en une série de droites
verticales. Ceux-ci s’obtiennent en divisant, à l’aide
de droites verticales, une courbe graphique en segments dont les espacements
correspondent aux valeurs formant la suite de Fibonacci (1, 1, 2, 3,
5, 8, 13, etc.). Ces droites délimitent les zones autour desquelles
d’importantes variations des cours sont susceptibles de survenir.

Conclusion
Les diverses méthodes d’analyse de Fibonacci n’ont pas pour
objet de fournir des indications précises sur le moment idéal pour
entrer et sortir d’un titre. Elles s’avèrent toutefois utiles
pour évaluer les zones de support et de résistance. De nombreux
investisseurs ont recours à une combinaison de diverses méthodes
d’analyse de Fibonacci pour améliorer la précision de leurs
prévisions. À titre d’exemple, un négociateur peut
déceler l’existence de points de rencontre entre différentes
lignes incurvées et paliers de résistance obtenus à partir
de diverses méthodes d’analyse de Fibonacci. Un nombre encore plus élevé d’investisseurs
ont recours aux méthodes d’analyse de Fibonacci en concomitance
avec d’autres formes d’analyse technique. Les méthodes d’analyse
de Fibonacci sont fréquemment utilisées, de concert avec les vagues
d’Elliott, pour prédire l’ampleur des replis susceptibles
de survenir après la formation de différents types de vagues. Espérons
que vous parviendrez à concocter votre propre recette maison pour tirer
parti des méthodes d’analyse de Fibonacci et ainsi les ajouter à vos
outils d’investissement !
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