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Le mois dernier, nous avons fait un survol des transactions d'options d'achats couvertes, une des nombreuses stratégies d'options possibles.

Cette chronique est réalisée par André Gosselin, vice-président d’Orientation Finance et chroniqueur financier pour le magazine Affaires Plus, pour le portail Internet lesaffaires.com et pour Finance et Investissement. Détenteur d’un doctorat en science politique
(Université du Québec à Montréal), il a été professeur agrégé à l’Université Laval de 1990 à 1997.


Maîtriser la vente à découvert

L’investisseur qui s’initie au placement boursier est toujours étonné d’apprendre qu’il lui est possible de vendre sur le marché, des actions qu’il ne possède pas, mais qu’il aura pris soin d’emprunter préalablement à son courtier. Il lui suffit alors de les racheter plus tard en espérant que leur cours aura baissé, de remettre les actions à son courtier et d’empocher la différence.

Avec la chute des marchés en 2000, 2001 et 2002, les rares investisseurs qui ont fait de l’argent sont ceux qui n’ont pas hésité à vendre à découvert, c’est-à-dire à miser sur la baisse d’un titre. Imaginez votre gain si vous aviez vendu à découvert 1000 actions de Nortel lorsque celles-ci se négociaient à 100 $ à Toronto, pour éventuellement les racheter à 3 $ quelque part au début de 2003.

Comme le marché est encore élevé et que les aubaines se font rares, la vente à découvert demeure certainement un outil que les investisseurs ont intérêt à maîtriser s’ils veulent tirer leur épingle du jeu.

Malgré tous les problèmes de conscience morale que la vente à découvert peut poser à certains investisseurs, je reste convaincu que cette pratique est utile et même nécessaire pour rendre les marchés boursiers plus efficaces et moins exubérants. La vente à découvert permet de réduire l’ampleur des bulles spéculatives qui affligent périodiquement les marchés, comme ce fut notamment le cas en 1987 ou à la fin des années 1990.

Des économistes « nobélisés » comme Milton Friedman ont souligné le rôle fondamental des vendeurs à découvert dans le bon fonctionnement des marchés financiers, en l’occurrence des marchés boursiers. La vente à découvert est désormais considérée non seulement comme un instrument légitime de diversification du portefeuille, mais également comme une technique permettant de rendre les marchés plus efficients et plus à même de jouer adéquatement leur rôle d’évaluation des actifs financiers.

On compte à peine une dizaine d’études sur les rendements dégagés de la vente à découvert. La grande majorité d’entre elles démontrent que cette stratégie d’investissement, telle que pratiquée sur les marchés américains, constitue une activité rentable. Selon les chercheurs, les investisseurs qui s’adonnent à la vente à découvert sont plus compétents et mieux informés que la moyenne, comme en font foi les rendements de leurs portefeuilles.

Les deux recherches les plus intéressantes et exhaustives, à ma connaissance, ont porté sur les marchés de l’AMEX et du NYSE pour la période s’échelonnant de 1976 à 1993 (Dechow et al.), et sur le marché du Nasdaq pour la période 1988-1994 (Desai et al.). Dans les deux cas, les chercheurs ont démontré que les titres les plus vendus à découvert (en fonction de leurs volumes d’actions en circulation) ont effectivement affiché des rendements négatifs et, par le fait
même, procuré des gains aux vendeurs à découvert. Et n’oublions pas que ces derniers ont accompli cet exploit dans un marché fortement haussier.

Mais attention : vous pouvez avoir raison quant à la médiocrité d’une entreprise ou au prix nettement exagéré de son titre, encore faut-il que le marché boursier partage votre opinion. Voilà le véritable défi.

Choississez votre option
Vente d’une option de vente dans le cadre
d’une stratégie de vente à découvert
La vente à découvert consiste à vendre une action que vous ne détenez pas afin de la racheter plus tard à un prix inférieur et ainsi obtenir un gain. Cette stratégie est toutefois risquée : si le titre monte, vous pouvez encourir une perte importante.Comment vous protéger ?

Vous pouvez acheter une option d’achat et payer une prime qui vous donnera le droit d’acheter le titre sous-jacent à un prix fixe, ou encore vendre une option de vente et encaisser immédiatement la prime (dans ce cas vous pourriez toutefois être tenu d’acheter le titre si l’acheteur choisissait d’exercer son option de vente).

Exemple
Monsieur X anticipe une baisse du cours de l’action d’ABC. Il décide de vendre à découvert 100 actions à un prix unitaire de 25 $. Quelques jours plus tard, le titre démontre une certaine fermeté et affiche une tendance haussière. Ne désirant pas défrayer le coût d’une option d’achat, Monsieur X décide de vendre une option de vente au prix d’exercice de 20$, et ce, à un cours de 3 $. Celui-ci encaisse donc une prime totale de 300$ (un contrat d’option porte sur 100 actions de la valeur sous-jacente) et s’engage à racheter le titre ABC à 20 $ advenant le cas où celui-ci venait à se transiger sous la barre des 20 $. Il fixe ainsi à 20 $ son prix d’achat et, par le fait même, limite son profit potentiel.

Scénario 1 : le titre baisse sous la barre des 20 $
Si le prix du titre ABC baisse sous les 20 $, Monsieur X sera assigné et devra racheter le titre à 20 $. Le profit réalisé par Monsieur X sera de 8 $ ((25 $ - 20 $) + prime de 3 $). En ce sens, Monsieur X pourra donc considérer avoir racheté à 20 $ le titre préalablement vendu à un cours équivalent à 28$.

Scénario 2 : le titre se stabilise entre 20 et 25 $
Si le prix du titre ABC se stabilise entre 20 et 25 $, Monsieur X ne sera pas
assigné et n’aura donc pas à racheter le titre. Il demeurera toutefois
assujetti aux règles relatives à la vente à découvert. Lorsque l’option lui ayant permis d’encaisser une prime de 300 $ viendra à échéance, Monsieur X aura alors le choix de vendre ou non une nouvelle option de vente.

Scénario 3 : le titre monte au-dessus des 25$
Si le prix du titre ABC monte au-dessus des 25 $, Monsieur X ne sera pas assigné mais la firme pourrait néanmoins l’obliger à racheter le titre par suite d’un appel de marge ou du rappel du titre par le prêteur. Monsieur X tirera profit de sa vente à découvert tant et aussi
longtemps que le titre demeurera sous la barre des 28 $. En effet, la prime reçue lors de la vente de l’option équivaut pour Monsieur X à la vente des titres ABC à un cours équivalent à 28 $. Si le titre
poursuit son ascension au-dessus de 28 $, Monsieur X encaissera une perte advenant le cas où il serait tenu de le racheter ou de débourser des fonds supplémentaires pour couvrir sa marge.

La vente d’une option de vente ne constitue pour l’investisseur ni une
assurance ni une protection parfaite comme c’est notamment le cas avec une option d’achat. Elle permet toutefois, en association avec une vente d’action à découvert, d’augmenter le prix de vente moyen obtenu pour le titre ayant fait l’objet d’une vente à découvert. Dans l’exemple susmentionné, Monsieur X majore de 25 à 28 $ son prix de vente à découvert. Il est important de noter que la vente d’une option de vente a des répercussions sur la marge disponible attribuée à votre portefeuille. La prime reçue doit rester au compte jusqu’à l’échéance ou le rachat de l’option. De même, cette option sera considérée « non couverte » en raison du risque associé au rappel potentiel du titre par le prêteur.


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Avis au lecteur: le présent bulletin est transmis uniquement à titre de renseignement. Les placements doivent être sélectionnés en fonction des objectifs de chaque investisseur.

Disnat n'émet aucune recommandation quant à un produit, à la pertinence ou à la valeur potentielle d'un placement donné, ou à une stratégie spécifique. La forme masculine est utilisée pour alléger le texte.

 

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