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Cette chronique est réalisée par M Charles K. Langford, Vice-président, gestion de portefeuille overlay pour The New Providence Portfolio Management Ltd., Monsieur Langford anime depuis 1975 des séminaires et conférences sur la gestion de risque sur actions, obligations et instruments dérivés de Bourse et hors-Bourse. Il a obtenu le titre M.A. à l’Université McGill de Montréal et il est Fellow de l’Institut canadien des valeurs mobilières. Il a également publié des centaines d’articles et douze livres sur les stratégies d’options, l’analyse technique, la gestion du risque des taux d’intérêt à long terme et à court terme et sur la gestion de portefeuille.

Une application de la méthode prévisionnelle Langford

« Deux mois horribles! » m’avait déclaré, sur un ton qui reflétait un mélange d’aigreur et de déception, M. Wilson, un jeune investisseur de 21 ans rencontré dans le cadre d’une conférence que je prononçais sur l’analyse technique. Il faisait allusion à l’évolution du XIU (l’Indice SP/TSE60) au cours des mois de mars et d’avril derniers.

Il avait d’abord vécu un merveilleux rêve en janvier et février, peu après avoir effectué son premier investissement boursier en début d’année alors qu’il avait acheté 200 actions de XIU à 50,00 $. Le choix de l’indice avait été une nécessité : comment diversifier un portefeuille avec seulement quelque 10 000 $? La solution résidait dans l’achat d’un indice complet, qui engloberait les 60 titres les plus conservateurs au Canada. Ce faisant, il s’était aussi protégé contre le risque de baisse, croyant que le XIU ne pouvait évoluer qu’à la hausse puisqu’il représentait la capacité productive du pays.

Comme par magie, tout de suite après l’achat, le FNB (fonds négocié en Bourse) avait commencé à monter : une hausse constante, sans bavure, sans volatilité, une ligne droite montante à 60 degrés, qui avait porté le prix au-delà de 55,00 $ au début du mois de mars : un gain de 10 % en deux mois, donc un rendement de 60 % par année! A priori, M. Wilson n’osait presque pas y croire ; mais petit à petit, il s’était habitué au profit et, à la fin de février, il était convaincu de pouvoir dorénavant compter sur ses talents de « voyant financier » pour se bâtir facilement et rapidement un avenir meilleur.

Cependant, l’ombre du vieil adage de M. Dow s’approchait. « Tout ce qui monte descend », dit la loi de 1896; M. Wilson l’ignorait encore. C’est pour cette raison que, malgré le début d’une baisse en mars, il n’y avait pas cru : il ne pouvait tout de même pas se tromper! Pourtant, à la mi-avril, le prix avait chuté à 51,50 $.

Voici comment il aurait pu éviter le désarroi de la baisse en appliquant la méthode Langford :


1 - La première étape consiste à regarder le comportement du RSI (Relative Strenght Index) par rapport au graphique des prix. Le but de cet exercice est de découvrir si l’actuelle tendance montre des signes d’épuisement, non pas pour fermer ses positions mais pour inviter à la prudence.

La courbe du RSI, de janvier à la mi-février, est montante comme le prix du XIU dans le graphique à bâtonnets. Cependant, à partir de la mi-février jusqu’au début de mars, elle est incapable d’établir de nouveaux sommets ; elle est même descendante. Dans le graphique des prix, c’est tout le contraire. Le XIU ne fait que monter : il accélère même sa vitesse à la hausse. Cette divergence de comportement est illustrée dans le graphique par les deux traits pointillés indiqués par la lettre A dans le RSI et dans le graphique des prix. Ce comportement strabique est anticipateur de la fin de la tendance actuelle : la probabilité d’erreur de cette projection est presque nulle.
Un signal d’affaiblissement de la tendance se trouve aussi au point G : le prix a fait un « gap » (un trou dans les prix) à la hausse, montrant que la tendance est forte. Toutefois, le lendemain, le « gap » avait déjà été comblé par le retour du prix. Il s’agit d’un comportement contradictoire : le « gap » de la veille n’aurait pas été rempli si tôt si la tendance à la hausse avait toujours été forte.

2 - La deuxième étape consiste à identifier le signal de fin de tendance et, par conséquent, le moment auquel M. Wilson aurait dû vendre afin d’empocher son profit. Le MACD (Moving Average Convergence Divergence) donne le premier signal de la fin de la tendance actuelle : c’est le point « M » dans le graphique homonyme, qui apparaît alors que le XIU est à environ 54,00 $.

3 - Si M. Wilson avait attendu encore, aurait-il eu d’autres signaux de sortie? Oui, puisqu’à la troisième étape apparaît le signal « officiel » de la méthode Langford indiquant qu’une nouvelle tendance à la baisse est née. Ce type de signal a eu lieu vers la mi-mars avec les événements suivants :

- Dans le graphique des prix, on s’aperçoit qu’entre la fin de février et la mi-mars, le XIU a complété une puissante configuration à la baisse, celle ayant la forme de « tête et épaules » (les lettres « S, H, S » dans le graphique). La configuration est complétée à environ 53,50 $, qui devient donc le prix de vente.

- Deux jours après le signal de la configuration, les deux moyennes mobiles (le point E) se sont aussi croisées à la baisse, à environ le même prix du signal précédent, confirmant la vente.


Lorsque j’ai montré la méthode Langford à M. Wilson et à sa fiancée, assise à côté de lui, cette dernière s’est exclamée : « Demain est un autre jour ! ». Il s’agit de la phrase que Scarlett O'Hara, la protagoniste du film de 1939 Autant en emporte le vent, dit à la fin de l’histoire pour manifester sa confiance dans l’avenir, après des journées sombres, mais utiles en expériences. Cela nous rappelle que, s’il y a un lendemain, le marché est toujours là pour faire de l’argent (avec la bonne méthode!).

En terminant, je tiens à vous rappeler de faire un usage parcimonieux de cette méthode : l’interprétation des signaux évoqués dans cette chronique peut nécessiter un œil expérimenté, et je ne voudrais évidemment pas que l’application de ma méthode vous nuise plutôt que de vous aider...

15 juin 2005 Charles K. Langford - NPPM Ltd


Archives de l'Express DisnatDirect

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  • Mars 2005 - Motifs qui incitent les investisseurs à acheter ou à vendre des options d'achat.
  • Janvier 2005 - Maîtriser la vente à découvert .
  • Décembre 2004 - La vente d'options d'achat couvertes.
  • Novembre 2004 - Fonds négociés en Bourse (FNB).
  • Octobre 2004 - Les fonctionnalités du système Recognia Inc.
  • Septembre2004 - Qu'est-ce que l'analyse technique?
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